Complexe Jules Tacheny à Mettet

 

Projet d’un circuit permanent

  

Il y a environ 80 ans naissait le club de Mettet, l’Union Motor de l’Entre-Sambre-et-Meuse qui, après cinquante années d’existence, eut droit au titre de “Royal” pour obtenir sa dénomination actuelle : Royal Union Entre-Sambre-et-Meuse (RUMESM).

Parcequ’il sut s’adapter et évoluer, le RUMESM a survécu aux grands chambardements qui ont secoué le sport motocycliste au cours des dernières décennies. Ces dernières années, on peut même estimer que le Club a prospéré grâce à cette grande réussite qu’est le Superbiker, l’un des plus grands événements du calendrier du sport moto en Belgique.

Mais loin de se reposer sur ses lauriers, l’équipe dirigeante du RUMESM a fait preuve de dynamisme et de clairvoyance.

Les premiers grands travaux et investissements autour du circuit routier ont été lancés il y a plusieurs décennies par Jules Tacheny, ce grand champion motocycliste qui, toute sa vie, s’est dépensé sans compter pour son circuit et sa ville de Mettet. Ce n’est donc que justice s’il a donné son nom au célèbre circuit, connu en Belgique comme à l’étranger.

Le RUMESM a réalisé dernièrement l’achat d’environ 13 hectares de terrains jouxtant les actuelles installations du club. Ces acquisitions portent ainsi à plus de vingt hectares et d’un seul tenant la propriété du club de Mettet. Toute cette surface est située grosso modo derrière les actuels stands, dans le triangle formé par le circuit routier de vitesse. C’est donc sur des terres appartenant dès à présent au RUMESM qu’a été réalisé le projet du circuit permanent.

Pour réaliser un projet “qui tienne la route”, le RUMESM a fait appel à des professionnels en matière d’aménagements et d’urbanisme. Il s’agit de l’Agence Wallonne du Paysage + Environnement. Ce bureau a prévu la création d’un circuit volontairement décentré mais juxtaposant les actuelles installations et paddocks. Cela permettra d’avoir la plupart des infrastructures situées en dehors de la piste. Si les terrains sont finalement assez exigus pour le projet ambitieux qui est né à Mettet, l’AWP+E est parvenue à prévoir un tracé aux courbes variées et dont le développement total arrive à un très honorable 2.310 mètres. Ce tracé, large de 10 mètres (12 mètres dans la ligne de départ/arrivée) comporte deux lignes droites de plus de 400 mètres, des virages qui se resserrent, d’autres qui s’ouvrent, bref de quoi exploiter au mieux toutes les techniques du pilotage moto.

                                                                                           

L’AWP+E a “mis en musique” les grandes idées qui avaient déjà été couchées sur papier par le Président Fiévet et son équipe.

Et les responsables du bureau d’urbanisme annoncent les avantages que représentent la création d’une piste permanente pour le site Jules Tacheny.

Ils expliquent :

-         les services seront en permanence accessibles de l’extérieur (accueil, secrétariat de course, service presse, police, etc). Fini l’enfermement des pilotes et accompagnateurs à l’intérieur de la piste;

-         la sécurité sera considérablement accrue grâce à un ceinturage complet du site;

-         les fermetures de routes (et les déviations qui y sont liées) ne seront plus nécessaires;

-         le bruit, inévitablement généré (dans les limites légales) en sport moteur, sera confiné dans une cuvette ou “évacué” vers les campagnes par les vents dominants d’Ouest.

 

Par ailleurs, Freddy Tacheny, le fils de Jules, a tenu à donner les précisions suivantes :

-         Nous avons prévu que le circuit de Mettet soit aussi ouvert aux activités automobiles. Mais il s’agira d’un circuit moto ouvert aux automobiles et non le contraire, comme cela devient de plus en plus souvent le cas.

Quant à Michel Fiévet, il devait encore préciser :

-         Deux bretelles de raccordement ont été prévues. Cela permettra, le cas échéant, d’effectuer simultanément l’écolage de deux groupes distincts. De même, la portion intérieure la plus sinueuse pourra être court-circuitée de manière à obtenir un anneau très rapide pour procéder à certains essais.

Quand on voit le dessin en perspective du circuit permanent de Mettet, on serait tenté de demander au Président Fiévet : “à quand les premiers tours de roues sur ce nouveau circuit Jules Tacheny ?”

                                                                       

Et Michel Fiévet serait bien obligé de vous dire qu’il reste “quelques détails” à régler avant que ne débutent les travaux.

Le premier de ces “détails” sera assurément de faire « glisser » les terrains actuellement en zone agricole dans une zone d’activités communautaires sans modifier le plan de secteur.

Mais tout laisse croire que le changement d’affectation sera possible puisque la zone concernée est contiguë à une zone bâtie, condition nécessaire pour créer une zone de loisirs.

Par la suite, il n’y aura plus qu’à peaufiner les plans et à financer le tout…

L’AWP+E a établi une approximation des coûts de la construction de ce circuit avec des travaux répartis en trois phases.

A court terme, il y aurait le nettoyage du site, les terrassements, la piste proprement dite (asphalte, fondations, bordures, marquage), création d’un réseau de récolte et de traitement des eaux usées et de ruissellement, les voiries secondaires, les zones de dégagement (bacs à graviers, murs de protection) et enfin les abords en gazon pour un montant global qui s’élèverait à 1.795.000 EUR.

A moyen terme, l’infrastructure existante serait améliorée avec notamment la construction d’un poste de secours, d’une structure d’accueil et de bâtiments pour tous les services courses.

A long terme, le circuit serait également doté d’équipements permettant la pratique d’autres sports de plein air.

A l’heure où l’on parle du circuit Supermoto sur la base militaire de Florennes, où l’on parle du retour des motos à Francorchamps et du projet d’un circuit (permanent lui aussi) à Dour, en région montoise, le complexe Jules Tacheny se dessine de plus en plus comme non pas comme un concurrent mais comme un complément à tout ce qui pourrait exister ailleurs en Wallonie.

De plus, il faut noter que circuit permanent n’est pas synonyme de courses permanentes.

La piste et ses environs seront consacrés presque exclusivement à de l’écolage, des formations, de la sécurité routière, du perfectionnement à la conduite, … et  seulement quelques week-ends par an à de la compétition. Toutes ces activités se feront donc dans le strict respect des normes environnementales en vigueur.

                                  

Mais laissons à Michel Fiévet, Président du RUMESM, les conclusions quant à ce projet ambitieux:

Je pense qu’à Mettet, nous avons les meilleurs atouts pour réussir la réalisation d’un circuit permanent. Tout d’abord parceque nous possédons dès à présent les terrains nécessaires et qu’en conséquence il sera possible de réaliser un circuit à des coûts raisonnables. Ensuite, en toute modestie, je peux dire qu’à Mettet, il y a un club moto qui a fait preuve de son savoir-faire en matières d’organisations. Le RUMESM de Mettet possède une excellente image de marque en Belgique comme à l’étranger. Enfin, nous possédons déjà à Mettet toute une infrastructure qui peut être mise au service de la sécurité des jeunes. Si les parents ne veulent plus être angoissés chaque fois que leur fils ou leur fille enfourche une moto, il est grand temps d’avoir des endroits sécurisants où ils pourront apprendre les bonnes attitudes sous les conseils de moniteurs brevetés. Les jeunes ne seront plus obligés d’aller en cachette essayer la machine d’un copain le week-end dans un zoning déserté. Et si par la suite, ils veulent se défouler, au lieu de prendre des risques insensés et d’en faire prendre aux autres usagers des routes, ils auront à proximité un endroit prévu pour cela avec toutes les mesures de sécurité nécessaires.