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De Jules Tacheny au circuit permanent- Lu 709 fois Le nouveau circuit « Jules Tacheny » de Mettet, troisième circuit permanent de Belgique, après Francorchamps et Zolder a été inauguré le 12 mars 2010 ...
Le nouveau circuit « Jules Tacheny » de Mettet, troisième circuit permanent de Belgique, après Francorchamps et Zolder a été inauguré le 12 mars 2010. Comment une réalisation aussi exceptionnelle pour notre région de l’Entre Sambre et Meuse a-t-elle pu voir le jour, comment expliquer à un néophyte cette implantation majeure dans un village de 15.000 habitants. Une plongée dans le temps est nécessaire pour comprendre les racines de ce projet qui il y a dix ans paraissait pour la plupart utopique et hasardeux.
Moyen de déplacement moderne et plus accessible que la voiture encore réservée à l’élite, cet engin a de l’avenir et nos industriels, nombreux à l’époque l’ont bien compris. On voit surgir notamment dans le bassin Liégeois de multiples marques de motocyclettes : F.N., Sarolea, Gillet pour ne citer que les plus connues.
Plus de 50.000 motos sillonnent déjà nos routes…
A mettet, comme un peu partout, la moto est également prétexte pour se réunir le dimanche entre copains ; on organise des ballades, des rallyes. Et c’est ainsi que le petit groupe d’amis décidant d’officialiser quelque peu leurs réunions crée le 30 janvier 1927 un club, ce sera le club de l’Union Motor Entre Sambre et Meuse. Jules Tacheny a 20 ans, il est l’un d’eux. Le premier président effectif du club sera Jacques Rops, petit neveu du peintre Félicien Rops, la famille possède un château à Mettet.
Apprenti mécanicien au village, Jules Tacheny est vite attiré par ces nouveaux engins, il se passionne pour ces moteurs en constante évolution. La colère paternelle à cette découverte sera heureusement atténuée par les succès que remporte bientôt le fiston…
Les usines belges dans ces années rivalisent de créativité et d’ingéniosité pour attirer vers elles les clients. La F.N. veut démontrer son leadership, c’est la course aux records ! Le retentissement de l’exploit est grand, les deux pilotes recevront à cette occasion le trophée national du mérite sportif !
L’équipe F.N. s’étoffe, à côté de Milhoux et Tacheny il y a Demeuter, Noir (Eric Haps), Collette… Au niveau international, des championnats voient le jour ; Tacheny participe au GP d’Italie à Monza, où il doit abandonner, GP de France, 3ème . Les motos belges rivalisent bientôt avec les fameuses motos anglaises, 1934 sera-t-elle l’année F.N. ??? Le début de saison est prometteur, F.N. dans les courses nationales truste les victoires. Tacheny est sacré champion de Belgique Senior 500cc à Francorchamps le 20 mai ! Au niveau international, F.N. commence à faire jeu égal avec Norton, Le 6 juillet, c’est le GP du Sachsenring, l’occasion de montrer le savoir faire de la Fabrique Nationale en Allemagne.
1935, Tacheny sera encore vainqueur à Chimay, Falmignoul, Wavre et de nouveau champion de Belgique à Francorchamps mais le cœur n’y est plus. L’usine annonce qu’elle se retire de la compétition sur circuits. Jules Tacheny choisit alors d’arrêter également la compétition.
Parallèlement à cette carrière sportive, Jules Tacheny et toute l’équipe de Mettet continue à faire vivre le jeune club par l’organisation de courses. 1935, le Grand Prix du club devient international et est inscrit au calendrier de la FIM, fédération internationale motocycliste. Le président Jacques Rops se tue en planeur, son frère Philippe lui succédera de 35 à 38 et ensuite le troisième frère Jean de 38 jusqu’à son décès en captivité en 1945. Fin de la guerre, Jules Tacheny est élu président de l’asbl, c’est à lui de mener le club dans cette nouvelle ère qui s’ouvre,
Jules Tacheny a une devise, Les bénéfices sont donc réinvestis : aménagement du carrefour, routes de 7m, et une tribune exceptionnelle pour l’époque, une tribune couverte de 2.000 places.
Il y aura les GP automobiles en 1950 et 51 avec des pilotes comme Ascari, Manzon, stirling Moss, Trintignant, Cortese, Laurent,…sur des bolides de marque Ferrari, Simca-Gordini, HWM et autres. Les réputé moto-cross des Bosseuses est créé en 1952.
1961, le carrefour acquiert sa configuration actuelle. 1963, début de l’ère cycliste du club avec l’organisation de plusieurs championnats de Belgique professionnels et avec en apogée les championnats mondiaux de cyclisme sur route pour professionnels, amateurs et par équipe organisés en association avec le club d’Yvoir en 1975. Les années filent et notre équipe de bénévoles ne s’endort pas, le Grand Trophy perdure avec de nouvelles vedettes, les meilleurs s’y retrouvent, il y aura Agostini, Ceccotto, Saarinen… 1980, Didier de Radiguès, nouvelle vedette belge de la vitesse pure, est vainqueur en 250 et 350cc 1981, retour des voitures avec les 6h de Mettet et la victoire d’Eric Van de Poele, organisation de rallyes, d’épreuves d’endurance, 1.000km, 24h00… Et Jules Tacheny réinvestit toujours : diverses chicanes pour la sécurité, une vingtaine de stands-garages… La moto, 57 ans de présence au club et 39 ans de présidence ! Le vice-président Pol Lenoir prend la relève et la politique d’investissement perdure:
Le superbiker, une épreuve spectaculaire où les champions des diverses disciplines motocyclistes sont amenés à s’affronter une fois leur saison terminée. Georges Jobé remporte la 1ère édition. Le superbiker, c’est l’idée de génie qui va apporter au club une bouffée d’oxygène ! Le succès est grandissant. Une épreuve qui en est à sa 24ème édition et qui réunit chaque année dans l’Entre Sambre et Meuse, début octobre, plus de 350 pilotes dont une vingtaine de champions du monde dans une ambiance de challenge mais aussi de fête devant près de 40.000 spectateurs !! Une épreuve pour motos anciennes, le Gold Trophy, voit également le jour. 1994, on investit dans une tour de contrôle au dessus des stands.
En 1997, un repas amical réunit Michel Fievet, qui deviendra président du club en 2000, Freddy Tacheny, président sportif, ainsi que le journaliste Pierre Capart et le pilote de vitesse pure belge Stéphane Mertens. Sujet de discussion, l’avenir de la vitesse pure en Belgique et notamment à Mettet. Les circuits routiers sont appelés à disparaître ! Alors, l’idée un peu folle est lancée : pourquoi pas un circuit permanent !! Ce même jour, les fiançailles du Prince Philippe sont annoncées dans les médias, Le projet du circuit permanent, comme toute entreprise importante, aura un nom de code, ce sera le projet MATHILDE !!! Le projet Mathilde, un projet fou, porté par une équipe de bénévoles, bénévoles qui se sont relayés depuis plus de 70 ans au sein de cette asbl d’un petit village de l’Entre Sambre et Meuse ! Qui pourrait y croire ? Dix ans de tractations, d’études, d’espoir, de désespoir,
Le club est déjà propriétaire de quelques terrains à proximité du carrefour, parking, parc des coureurs et, avec un peu de patience, d’autres terrains agricoles contigus pourraient être achetés. Ce sera donc à l’intérieur de la boucle du circuit routier !
Pour la continuité du club bien entendu, Mais également pour doter notre région d’un lieu unique, Et enfin créer un nouveau centre d’activité économique pour, en association avec le BEP redynamiser la région.
Et enfin comment ?
L’appel à des capitaux privés est envisagé dans un premier temps Le mieux sera donc de faire appel au gouvernement wallon, aux capitaux publics. Pour ce faire, avec l’appui de la commune de Mettet, une régie communale autonome (RCA) est créée, ce sera la RCA Sports Mettet Motor. c’est elle qui pourrait recevoir le cas échéant les subsides de la Région Wallone. L’étude de faisabilité est confiée à l’intercommunale IGRETEC de Charleroi. Le dossier est rondement mené, l’histoire du club, Et c’est ainsi que début 2007 un subside de 2.500.000 Euros, 50% du coût des travaux, est accordé via INFRASPORT par le ministre Michel Daerden.
Un souci particulier, faire appel à un maximum d’entreprise de la région proche, le travail n’est pas banal, il est d’envergure mais Michel Wanty, passionné de sport moteur et habitué des circuits en tant que pilote amateur va le prendre à cœur et le gérer dans un exceptionnel climat de bonne entente avec le maître d’œuvre. Le tracé. Le club en a une petite idée. Les aspects sécurité sont avalisés par un ami du club, Claude DANIS, responsable mondial de la sécurité des circuits moto GP. Enfin la nuisance sonore est analysée et dans le but de la réduire, le tracé sera utilisé dans le sens anti-horlogique épargnant les habitations les plus proches.
En août, le circuit est tracé, on réalise les premiers essais en tout terrain et on apporte les dernières modifications. Les murets et vibreurs sont installés et la première couche d’asphalte posée le 28 septembre.
Gros stress, l’hiver, long et rude, arrête les travaux et l’ouverture de la saison est prévue pour début mars !!! Février, la neige se retire, c’est le sprint final : glissières de sécurité, pneus, bacs à graviers, ensemencement des gazons, travaux de peinture, …
Après moins d’un an de travaux, et à l’heure dite, la piste est enfin prête !!!! En présence du Ministre André Antoine, du Gouverneur de la province de Namur, ainsi que des principaux responsables politiques de la région. Un circuit de 2.310m., 10 virages baptisés du nom de pilotes prestigieux ayant écrit l’histoire de Mettet : C’est un tracé rapide et technique, la largeur de la piste va de 12 à 14 m., de larges zones de dégagement sont prévues, avec graviers adaptés, Un équipement par fibres optiques permet la chronomètrage automatique et par zone . Une voie d’intervention entoure tout le circuit. Des gradins naturels judicieusement répartis. Deux vastes parcs des coureurs sont prévus avec bornes électriques et éclairage.
Bien sûr, il faut peaufiner les abords, compléter les infrastructures, mais le principal est là, l’outil est exploitable. Il faudra dans un premier temps utiliser des containers et chapiteaux mais l’accueil est tel que la 1ère saison est abordée dans l’enthousiasme !! La demande est bien là et les sponsors sont au rendez-vous !
Durant les travaux, l’équipe de bénévoles n’est pas restée les bras croisés. La promo a été engagée et de nombreux contacts ont été pris, c’est ainsi que dés le 12 mars, le calendrier est déjà rempli à 75% avec notamment le soutien de la FMWB et du RACB. Le circuit est à usages multiples, les épreuves sportives du club bien sûr, le Grand Trophy, le Gold Trophy et le Superbiker,
il y aura la moto, l’automobile et le vélo, 142 jours d’occupation pour des sociétés wallonnes Et le succès dépasse les frontières, les clients sont aussi Le pari de ces quelques audacieux, Le projet rencontrait bien les besoins des utilisateurs.
Ces évènements malheureux ont néanmoins engendré des mesures supplémentaires de sécurité.
Nous sommes en 2011.
La nouvelle saison va s’ouvrir ce 12 mars et sur un circuit encore plus sécurisé, Près de cent mètres de nouvelles protections, des super Defender, matelas de mousse d’1M20 d’épaisseur, ont été ajoutées, les infrastructures sont étoffées avec l’inauguration en avril d’un complexe avec tour de contrôle, centre médical, salles de cours, garages , et les travaux du centre d’accueil sont prévus pour 2012 avec salle de réception, cafétaria, tribune et musée. Un centre ADEPS est également à l’étude. Le calendrier 2011 est dors et déjà rempli à 85%. Les nuisances sonores bien que n’ayant jamais dépassé les seuils prévus par les études d’incidence sont de nouveau prises en compte, ceci pour rencontrer les doléances de quelques personnes incommodées par cette activité supplémentaire. - Des plantations sont réalisées faisant fonction d’écran naturel,
! L’entreprise est gagnante
Les chiffres sur le terrain ainsi que financier en attestent. Le club a réussi également cett gageure de mener de front ses activités d’ASBL, avec son esprit d’ASBL, de bénévolat, Ce passage obligé par la création d’une RCA avec la commune de Mettet et la gestion du club sur le terrain pour la RCA étaient la bonne formule ! Voici donc mise en route une activité économique importante pour la région au Chiffre d’affaire dépassant déjà le million d’Euros, ayant permis à ce jour l’engagement d’un directeur de circuit, Monsieur Philippe Dujardin et 5 temps plein, avec des répercussions locales positives tant pour les sous-traitants que les commerçants,… Un outil pour les sportifs mais également d’utilité publique.
Un outil qui n’aurait pu voir le jour sans ce club du Royal-Union Motor-Entre-Sambre-et-Meuse, sans cette succession de bénévoles, acharnés, animés d’un esprit d’entreprise hors du commun. 80 années de vie sportive. Des passionnés au service de passionnés !
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