Genèse d’une réalisation exceptionnelle de la région de l’Entre Sambre et Meuse,
Le nouveau circuit de vitesse « Jules Tacheny » de Mettet ! ...
Genèse d’une réalisation exceptionnelle de la région de l’Entre Sambre et Meuse,
Le nouveau circuit de vitesse « Jules Tacheny » de Mettet !
L’implantation de ce 3ème circuit permanent de Belgique, après Francorchamps et Zolder, dans un village de 10.000 habitants ne pourrait s’expliquer sans aborder l’histoire du club à l’origine de ce projet, le Royal Union Motor Entre Sambre et Meuse, ainsi que la carrière sportive remarquée d’un des membres fondateurs et président du club pendant près de 40 ans, en l’occurrence Jules Tacheny.
Fin des années 20, la motocyclette est vraiment dans sa période de gloire.
50.000 engins sillonnent déjà nos routes, des motos belges pour la plupart, des FN, Saroléa, Gillet,…
A Mettet, un groupe de passionnés fonde en 1927 un club, l’Union Motor ESM.
Cette association aura pour but d’organiser des balades, des rallyes et on en vient vite à des organisations d’épreuves sportives de vitesse.
Un des fondateurs, Jules Tacheny, se met en évidence.
A 20 ans, intrépide et un peu tête brûlée, il en veut et bien vite la Fabrique Nationale de Herstal remarque les succès régionaux du jeune pilote.
Il sera ainsi engagé en tant que pilote d’usine aux côtés de René Milhoux !!
Une équipe gagnante qui le 26 Octobre 1931 pulvérise plus de 41 records du monde sur l’anneau de vitesse de Montlhéry près de Paris sur une FN 350cc !
Le retentissement de l’exploit est grand, les deux pilotes reçoivent le Trophée National du Mérite Sportif !
Ce sera bien vite la gloire pour les machines de Herstal avec la dream team composée de Milhoux, Tacheny, Noir, Demeuter, Collette. Les motos belges parviennent à détrôner les fameuses Norton anglaises.
Demeuter est sacré champion d’Europe à Assen en 1934.
Un belge sur une moto belge au top européen !
Cette épopée magnifique de terminera malheureusement tragiquement avec les décès en course de Noir et Demeuter au Grand Prix du Sachsenring en Allemagne
le 6 juillet 1934 …
a Mettet durant ces années, le club, porté par les succès de son pilote, a le vent en poupe. Déjà en 1929 on organise un 1er Grand Prix et en 1932, on crée le fameux « diabolo » de Mettet, un circuit en 8 centré sur le carrefour de St Donat.
Les organisations vont ensuite perdurer jusqu’à la guerre.
Fin des hostilités, Jules Tacheny est élu président, et notre équipe de bénévoles déborde de dynamisme. L’épreuve majeure du club, le Grand trophy, acquiert une renommée internationale, les plus grands champions du monde s’y retrouvent.
Nous y verrons Anderson, Duke, Lomas, Graham, Doran, ensuite Lorenzetti, Surtees et enfin les Agostini, Ceccotto, Saarinen, Findlay, Read, Sheene, Pons, Mortimer et bien d’autres …
Les activités du club vont également se diversifier.
Les Grand-Prix automobiles en 50 et 51 avec Stirling Moss, Trintignant, Manzon, Ascari, Cortese, …
Les moto-cross des Bosseuses dés 1952 et durant près de 30 ans.
Des épreuves cyclistes avec de nombreux championnats de Belgique professionnels
et en apogée l’organisation des championnats du monde en 1975 en association avec le club d’Yvoir !
1984, Jules Tacheny disparaît dans un accident de la circulation.
Mais l’équipe est solide, la gestion est saine et la devise de Jules Tacheny est toujours à l’ordre du jour, l’argent du sport doit retourner au sport !
Cependant, les temps changent et le succès de la vitesse pure en Belgique s’estompe.
Les années sont plus difficiles.
Une idée de génie va sortir le club de cette mauvaise passe, l’idée du Superbiker, portée par Michel Fiévet, qui sera président en 200, et Freddy Tacheny, le plus jeune fils de Jules.
Avec le Superbiker, Mettet renoue avec le succès.
Cette épreuve particulière où les différents champions de moto (vitesse, cross, enduro, …) viennent s’affronter sur un tracé fait de terre, de cendrée, de bitume.
Une épreuve qui en est à sa 24ème édition en 2010 et qui rassemble début Octobre
prés de 400 pilotes dont plus de 20 champions du monde, des européens mais aussi les équipes américaines devant plus de 40.000 spectateurs !!
Malheureusement un autre problème majeur se pose pour Mettet.
Le circuit, le fameux « diabolo », qui est toujours un circuit routier, se fait vieux.
Les normes de sécurité deviennent de plus en plus sévères.
Ce type de circuit est appelé à disparaître.
Mais rien n’arrête notre équipe d’acharnés et, en 1997, le projet d’un nouveau circuit permanent prend petit à petit naissance.
L’esprit d’entreprise hors du commun du club va venir à bout des écueils et difficultés inhérents d’un tel projet un peu fou.
Il faudra plus de 10 ans pour le réaliser, trouver les appuis de la commune, du gouvernement wallon, de près de trois ministères.
En 2007, un subside de 2.500.000 Eur. est accordé par le Ministre Michel Daerden.
La machine est lancée !
Le club s’entoure des meilleurs spécialistes : le bureau Igretec de Charleroi pour les plans, l’entreprise Wanty de Péronnes pour la réalisation mais aussi un maximum d’entreprises locales.
Des pilotes de renom peaufinent le tracé : Didier de Radiguès, Stéphane Mertens, Richard Hubin pour la moto mais également Marc Duez pour la voiture.
La sécurité du circuit est analysée par Claude Danis, responsable mondial de la sécurité des circuits de Moto GP.
Le 12 mars 2010, après un an de travaux, on inaugure enfin le nouveau circuit « Jules Tacheny » de Mettet !
Un bijou de 2.310m, rapide et technique. 10 virages baptisés du nom de pilote ayant écrit l’histoire de Mettet. Un circuit moderne, sécurisé !
Un écrin magnifique pour les épreuves du club mais également un outil, une structure qui pourra être mise en location pour des activités diverses, d’écolages,
d’incentives commerciales, d’essais, de présentations de véhicules, de compétitions.
La 1ère saison est bouclée dans l’enthousiasme. Le projet rencontrait bien le besoin des utilisateurs. Taux d’occupation de la piste de 85%. Des organisations pour les motos, les voitures et les vélos. Des clients belges tant néerlandophones que wallons
mais aussi étrangers avec des Français, Allemands, Luxembourgeois et Hollandais.
Avec l’appui de la RACB (voitures) et de la FMWB (motos).
Le projet un peu fou du club a créé une nouvelle activité économique importante pour la région, emploi de 4 temps pleins, retombées locales positives tant pour les sous-traitants que les commerçants.
En 2011, les infrastructures s’étoffent avec la construction de la tour de contrôle,
véritable complexe avec bureaux, garages, tribunes, centre médical.
Et les cartons sont encore pleins de projets : tribunes, centre d’accueil avec cafétaria,
musée, centre Adeps, …
Une véritable dynamique a été mise en route, l’avenir sera étonnant ….
La devise de Jules Tacheny, « faire ce que les autres ne veulent pas faire, n’osent ou ne savent pas faire » est vraiment devenue la devise du Royal-Union-Motor-entre- Sambre et Meuse !!.