A l’aube des années 80, le Royal Union Motor Entre Sambre et Meuse (RUMESM) ont pratiquement tout organisé en matière d’épreuves sportives moto de réputation internationale. Mais les temps changent, le motocross des Bosseuses est passé à la trappe et il faut bien reconnaître qu’il devient de plus en plus ardu de faire venir de grands champions internationaux dans le cadre du Grand Trophy de vitesse. Du côté du RUMESM, on comprend que pour garder l’aura du club, il faut ajouter une nouvelle épreuve au calendrier.
Et lorsque arrive en Europe une nouvelle discipline venue des Etats-Unis, Michel Fievet et de Freddy Tacheny se montrent très intéressés. Cette nouvelle discipline, c’est le « Supermoto » qui oppose des pilotes venant de toutes les disciplines sur un parcours tenant à la fois de la vitesse et du motocross.
L’idée était bonne puisque 2011 verra la mise sur pied du 25ème VOO-Superbiker, une épreuve qui, au fil des années, s’est révélée être les plus grande compétition motocycliste organisée en Belgique.
La réputation du Superbiker est allée bien au-delà de nos frontières et de celles de l’Europe. Même aux Etats-Unis les spécialistes connaissent cette épreuve pas comme les autres, organisée dans une petite bourgade de Belgique.
Les débuts
L’organisation de cette course programmée au mois d’octobre avait de quoi surprendre. Pourtant, lors de la première édition, le soleil automnal est au rendez-vous. La discipline est débutante. Les machines proviennent du cross. Elles sont chaussées de pneus trails et parfois, le frein avant a été remplacé par un élément plus puissant. Les départs sont donnés moteurs en marche, motos au point mort et pilote avec la main gauche sur le casque (pour qu’il ne puisse pas faire usage de l’embrayage avant le baisser du drapeau national). Cela cafouille parfois un peu, mais le spectacle est passionnant. C’est Georges Jobé, multiple champion du monde de motocross, qui remporte ce premier Superbiker de Mettet devant Jean-Pol Mingels (qui n’est autre que le fils d’Auguste qui fut champion d’Europe de motocross 500cc en 1953 et 1954 au guidon d’une FN d’usine).
L’année suivante on remet le couvert. Le public est plus nombreux, les concurrents aussi. C’est le Français Laurent Pidoux qui s’impose. Et dès 1989, avec les victoires de l’Américain Broc Glover, le Superbiker gagne ses lettres de noblesses et devient un des rendez-vous incontournables du calendrier.
La consécration
En 1990, la grande foule est présente pour cette grande fête de la moto au cours de laquelle les organisateurs mettent sur pied, parallèlement au programme sportif, diverses activités.
Ce mélange de courses relevées, et de spectacles en tous genres, ravira petits et grands, et fera du SUPERBIKER un véritable rendez-vous familial !
Les « Guest Races » en faveur du Télévie réuniront les vedettes de la chanson, du sport olympique, les « poeple » …
Par ailleurs, le SUPERBIKER invitera les dragsters, les avions d’accrobaties, les parachutistes, les footballeurs américains, les Kart-cross, les voitures de Nascar…
Une véritable fête complète !
Enfin, les concerts musicaux complèteront le programme avec les Axelle Red, Michael Youn, Laurie, Jean-Pascal ...
Avec l’arrivée de cette nouvelle décennie, on découvre en piste un petit pilote français dont on reparlera à Mettet : Stéphane Chambon. Il est petit par la taille mais grand par le talent. C’est dans le dernier tour de la finale qu’il souffle la victoire à l’Américain Billy Liles. Un Liles qui lui rendra la monnaie de sa pièce en 1991.
En 1993, une modification importante apparaît dans l’organisation. Pour rendre le circuit plus sécurisant, on décide d’inverser le sens des courses. Désormais, les pilotes tourneront dans le sens opposé aux aiguilles d’une montre. Dans un sens ou dans l’autre, c’est Stéphane Chambon qui s’impose en 1992 comme en 1993. L’Avignonnais remportera encore le titre de Superbiker en 1994 et 1995, signant là sa cinquième victoire à Mettet, un circuit où l’on n’aura pas fini d’entendre parler de Chambon !
Notons aussi que si Stéphane Chambon est deuxième en 2003, c’est parce qu’il a été battu par son frère, Boris Chambon…
Le retour belge
Hormis la toute première édition avec Jobé, les Belges ont dû assister à quatre victoires françaises et à deux victoires américaines avant de renouer avec le succès. C’est à Thierry Godfroid que revient cette victoire nationale. C’était en 1994. Le succès belge était total avec la deuxième place de Georges Jobé précédant Stéphane Chambon. En 1996, Godfroid remet le couvert, cette fois devant Eric Delannoy. L’année suivante, on retrouvent encore ces deux belges aux deux premières places, mais dans l’ordre inverse, le pilote carolo profitant de sa douzième participation pour monter sur la plus haute marche du podium.
Des victoires belges au Superbiker, il y en aura encore par la suite avec Eddy Seel en 1999, puis avec Frédérique Fiorentino qui sera sacré « Superbiker » à quatre reprises : en 2002, 2004, 2006 et 2007.
Victoires allemandes aussi en 2000 et 2001 avec Kunzel, en 2005 avec Hiemer.
En 2008 c’est l’Américain Cassidy Anderson qui fera étalage de sa suprématie alors qu’en 2009, à la surprise générale, c’est l’Italien Ivan Lazzarini qui s’impose devant Gérald Delépine après une course sans faute et méritante.
Et revoilà Chambon
Pour que le spectacle soit encore plus intense et aussi parce que les vedettes des différentes disciplines éprouvent de plus en plus de difficultés à rivaliser avec les pros du Supermotard, une nouvelle catégorie est crée en 2001 : la Starbiker qui se disputera entre les stars de la moto tandis que les spécialistes continuent à en découdre dans le cadre du Superbiker..
Alors qu’il est devenu une vedette internationale de vitesse (et même champion du monde des Supersports 600 en 1999), Stéphane Chambon grave encore son nom au palmarès de Mettet. Le pilote d’Avignon s’impose au Starbiker en 2001, 2002, 2004, 2005 et 2006. Il s’impose donc cinq fois en six ans. Ce n’est pas pour rien que depuis quelques années, on le surnomme « le petit prince de Mettet » !
En 2003, alors qu’il pensait avoir course gagnée, il s’est fait surprendre à quelques hectomètres de l’arrivée par ce diable de Stéphane Everts.
Et puis, ce seront les années Michaël Pichon. Le crossman français s’est imposé à quatre reprises consécutives de 2007 à 2010 dans le cadre du Starbiker.
2010 : l’apothéose
On croyait qu’on avait tout vu dans le cadre du Superbiker de Mettet. Mais en 2010 on assistait à l’inauguration d’un nouveau circuit permanent à Mettet.
Il fut décidé que pour le Voo-Superbiker, un tout nouveau tracé serpenterait sur et aux alentours du nouveau circuit.
L’ambiance a changé. Il est vrai qu’on est un peu passé d’une course « de kermesse » avec son ambiance incomparable à une grande épreuve internationale peut-être un peu plus aseptisée. Finalement, tout fut mieux sur le nouveau tracé, à commencer par la sécurité de tous. Mais dès le soir de la course, lors d’un premier debriefing, les organisateurs se sont promis de prendre les dispositions voulues pour que dès 2011, les spectateurs puissent, en de nombreux endroits, être disposés plus près de la piste ; pour retrouver l’ambiance d’antant !
Cette première du Superbiker nouvelle formule de 2010 a été remportée par le Finlandais Hermunen. Il avait déjà été deuxième en 2007 et 2008 alors qu’en 2009, il avait virtuellement course gagnée lorsque la malchance l’arrêta.
Au décompte final, en vingt-quatre éditions du Superbiker, la victoire revint neuf fois aux Belges, sept fois aux Français, trois fois aux Américains comme aux Allemands et une fois à un Italien comme à un Finlandais.
Les Belges ont donc remporté le plus grand nombre de victoires, mais le record des participations, c’est le soleil qui l’emporte. Il fut plus souvent qu’à son tour présent lors de ce grand rendez-vous du Superbiker. Depuis 1987, à Mettet, tous les feux sont au vert pour faire du Superbiker une méga réussite !
